Mes (toutes petites) réflexions sur la peinture.
Le carré ou plutôt le polygone a été exploité par de nombreux artistes. Du tout petit carré pointilliste de Monet au grand de Nicolas de Staël, en passant par Mondrian ou Vasarely.
Il semble qu'un découpage topologique des surfaces ait un effet artistique. La raison en semble mystérieuse puisque cela ne correspond à rien dans la nature.
Néanmoins, cette fragmentation ressemble parfois à un plan du cadastre, à une image de champs vus du ciel. Aussi, il n'est pas impossible que notre souci de rangement dans des cases ne soit pas étranger au fait d'apprécier cette mosaïque, ce patchwork, ce vitrail, cette image pixelisée.
On peut utiliser ces polygones en tant qu'éléments de fond, en tant qu'éléments de forme, on peut les vouloir réguliers ou non, grands, petits... Ils peuvent composer un dégradé ou un chaos. Ce qui importe c'est qu'ils se fondent dans le tableau, que leur présence ne soit pas incongrue.
La discrétisation de la surface apporte les ruptures de ces arrêtes et renseigne sur la profondeur de champ ou sur la courbure de l'objet par exemple.
Quand il maîtrise sa technique et quel que soit son niveau, le peintre s'interroge sur ce qu'est le beau. Ou plus généralement sur ce qu'est l'Art. Y-a-t-il des règles ? Ce n'est pas certain car ceux qui ont fait les chefs d'œuvre ont souvent bravé les conventions...